Le récit complet
Dhenesh arrive avec une liste d’intentions. Il aime réfléchir, comprendre, préparer. Parmi ce qu’il veut regarder, il y a la colère et la haine, longtemps présentes dans sa vie. Il les décrit comme un bouclier qui l’a aidé à se protéger. Aujourd’hui, il voudrait laisser davantage de place à la bienveillance et à l’amour.
Lors de la première cérémonie, une image le marque : il voit cette colère dans ce qu’il vient de rejeter, et entend intérieurement qu’il n’a plus besoin d’elle. Il se demande ce qui vient de son mental et ce qui vient de l’expérience. Il ne prétend pas que le travail est fini. La question reste là, mais une autre soirée lui permet de l’approcher autrement.
Dans cette retraite ayahuasca, après la deuxième cérémonie, Dhenesh ressent ce qu’il appelle un bain d’amour. Il relie cette chaleur à une découverte : il n’a pas besoin du regard des autres pour commencer à s’aimer lui-même. Lui qui cherchait beaucoup la reconnaissance dit avoir effleuré son propre amour. Il sait qu’il reste du chemin. Mais cette fois, il a pu ressentir quelque chose qu’il cherchait depuis longtemps.
Il parle de son métier d’enseignant-chercheur, de sa joie d’apprendre et de son besoin d’entendre que ce qu’il fait est apprécié. Dans la cérémonie, une question change de place : qu’est-ce qu’il recherche ? L’amour. Et, dans son vécu, une réponse arrive : cet amour est aussi en lui.
Cette découverte le ramène à sa famille. Il mesure l’amour reçu de sa compagne au fil des années, et la place qu’il souhaite prendre auprès de ses enfants. Il ne parle plus seulement de trouver quelque chose pour lui. Il souhaite apprendre à le donner.
Dans cette retraite ayahuasca, après la deuxième cérémonie, Dhenesh comprend ce qu’il veut transmettre à sa famille : l’amour qu’il vient de ressentir. Il repense à sa compagne, présente à ses côtés depuis des années, et à ses enfants. Il veut leur donner davantage de cet amour plutôt que continuer à le chercher seulement dans le regard des autres. Au moment de repartir, une envie est très concrète : rentrer à la maison, les retrouver, et donner.
Il décrit également des perceptions liées à ses ancêtres. Il a le sentiment d’échanger de l’amour avec eux, puis pense à ce qu’il pourrait transmettre à ses enfants. Une invitation à méditer revient aussi dans son expérience : il souhaite entretenir cette connexion, plutôt que la laisser appartenir seulement à une soirée.
Après la troisième cérémonie, au dernier cercle de paroles, Dhenesh revient aussi sur son expérience du Bufo et sur d’autres expériences du séjour. Il distingue ces vécus de ceux de l’ayahuasca. Son bilan reste tourné vers l’amour, ce qu’il a appris de chacun et son envie de transmettre. Il sait que la peur, le stress ou les angoisses peuvent revenir ; ce qu’il veut garder, c’est la présence de cet amour.
Il repart avec ce qu’il a senti et avec une direction qu’il veut nourrir. Le bouclier n’est plus la seule image disponible pour parler de lui. Il a aussi trouvé celle d’un amour présent, à renforcer, et à partager avec les personnes qu’il aime.