Le récit complet
À son arrivée, le cadre aide Ahmed à se détendre après un long trajet. La première cérémonie agit tardivement dans son ressenti. Plus tard dans cette nuit, il traverse une peur intense, celle de perdre pied avec la réalité. Au premier cercle de paroles, il raconte avoir changé de lieu, écrit et médité pour la traverser. Il appréhende de retrouver cette peur pendant la cérémonie suivante.
Entre la première et la deuxième cérémonie, il vit aussi des moments de présence qui le surprennent. Il décrit une perception liée à sa mère et reconnaît des choses auxquelles il veut accorder du pardon. À d’autres moments, il sent moins de pensées dans sa tête et apprécie de se sentir bien dans ce silence intérieur.
Dans cette retraite ayahuasca, après la deuxième cérémonie, Ahmed décrit un amour qui ne demande rien en retour. Il se sent accueilli et remercie l’équipe pour son attention à chacun. Ce qu’il raconte comme un moment magique, c’est de pouvoir recevoir cette présence sans devoir la mériter. Après une première nuit difficile, cette autre expérience donne une place très concrète à la chaleur des personnes qui l’entourent.
Pendant la deuxième cérémonie, les émotions d’Ahmed sortent davantage. Il explique combien le regard des autres comptait pour lui, combien il le calculait. Il peut alors se montrer autrement et ose danser devant les personnes présentes. Au deuxième cercle de paroles, il raconte cette liberté nouvelle dans le groupe.
Au troisième cercle de paroles, après la dernière cérémonie, Ahmed revient à ces mots : « Viens comme tu es. » Être accueilli avec ses qualités, ses défauts, ses peurs et ses joies. Sans devoir montrer une performance. Pour lui, ce sentiment d’être accepté a été un très beau cadeau.
Dans cette retraite ayahuasca, au bilan après la troisième cérémonie, Ahmed découvre le plaisir de venir sans masque. Dans son bilan, il remercie un groupe où l’on peut parler de ses peurs comme de ses joies, sans être jugé sur une performance. Il dit s’y être senti accueilli et accepté. Ce qu’il souhaite garder de ces jours ensemble, c’est cette possibilité d’être présent avec ce qu’il est, et de recevoir de l’amour.
Ses remerciements s’étendent aux chants, à l’accompagnement, aux repas et aux personnes qui ont partagé ces jours avec lui. Chaque présence a compté dans sa façon de vivre le séjour.
Ahmed ne sait pas encore tout ce que cette expérience apportera ensuite. Ce qu’il peut dire au moment de partir est déjà précis : il a connu la peur, mais aussi une présence, une liberté et un accueil qu’il a trouvés profondément beaux.