Le récit complet
Pascale connaît déjà les retraites. Elle sait qu’une expérience peut l’amener vers la douceur, mais aussi vers des peurs qu’elle préférerait ne pas rencontrer. Lors de la première cérémonie, un moment simple la rend fière : elle s’écoute. Quand une nouvelle prise est proposée, elle reconnaît qu’elle est encore dans son voyage et choisit de ne pas y retourner.
Dans cette retraite ayahuasca, après la première cérémonie, Pascale se donne le droit de suivre son propre rythme. Elle traverse d’abord un passage qui lui fait peur, puis sent qu’elle est encore pleinement dans son expérience. Lorsque la deuxième prise est annoncée, elle n’y va pas automatiquement. Elle reste avec ce qui se passe en elle. Ce choix lui apporte une fierté toute simple : elle s’est écoutée.
La première soirée lui laisse un dialogue intérieur riche, des émotions et des instants d’apaisement. Elle se voit pleurer sans identifier exactement ce qui sort. Elle accepte aussi de ne pas tout expliquer. Il y a de l’émerveillement, une envie de regarder le ciel, et le sentiment que cette expérience a été comme elle devait être.
La deuxième cérémonie change la tonalité de son séjour. Au deuxième cercle de paroles, les mots deviennent plus difficiles. Pascale décrit une expérience qui la dépasse. Elle pensait connaître ce chemin, et se retrouve face à quelque chose de nouveau, entre angoisse et confiance. Elle sent un message d’humilité : son expérience passée ne lui permet pas de tout maîtriser.
Pour la troisième cérémonie, Pascale choisit de ne pas faire un nouveau voyage. Il reste déjà beaucoup à accueillir. Au dernier cercle de paroles, elle revient sur le vide qui lui a fait très peur pendant l’expérience précédente, mais aussi sur cette impression d’immensité. Elle remercie l’équipe pour l’avoir aidée à redescendre d’une crise de panique. Cette décision de rester avec ce qu’elle a traversé fait partie de son bilan.
Dans cette retraite ayahuasca, au bilan après la troisième cérémonie, Pascale remarque aussi ce qui se passe lorsque l’on donne et reçoit de l’amour. Un atelier lui fait sentir combien recevoir peut être plus difficile que donner, et combien les autres peuvent devenir un appui. À côté d’une expérience très éprouvante, elle garde cette découverte : la vie peut prendre une autre couleur lorsqu’on accepte de s’appuyer les uns sur les autres.
Elle ne repart pas avec une conclusion qui refermerait tout. Elle sait qu’elle aura besoin d’intégrer ce qu’elle a traversé. Mais elle exprime aussi la force des liens vécus, sa gratitude pour le groupe et son envie de revenir.
Dans l’histoire de Pascale, s’écouter signifie parfois rester, parfois renoncer à une nouvelle prise, parfois reconnaître qu’on a peur. Et cela peut aussi signifier accepter l’aide, et laisser une place à ce que l’on ne connaît pas encore.