Le récit complet
Avant d’arriver, Jean-François a le trac. Être dans un groupe lui demande souvent un effort, même s’il a déjà pratiqué des activités collectives. Il est bien seul et se pose une question qu’il connaît depuis longtemps : cette solitude est-elle un confort, ou une façon de tenir les autres à distance ?
Dans cette retraite ayahuasca, avant la première cérémonie, quelque chose se relâche pour Jean-François dès son arrivée. Il retrouve le lieu, salue l’équipe et les personnes du groupe. Un gros nœud, dit-il, est déjà parti. Lui qui appréhendait d’être avec les autres se sent un peu à la maison. Le bien-être commence aussi par cet accueil, et par la possibilité d’être là ensemble.
La première soirée lui laisse une expérience qu’il décrit comme légère et intense à la fois. Il médite, se connecte à la musique, traverse des visions et des sensations. Dans son partage, il peut reconnaître qu’il est bien tout seul, mais aussi bien avec le groupe, ici et maintenant.
La deuxième cérémonie est plus éprouvante. Il ressent de la lourdeur, de fortes nausées et un bref moment de panique. Il regarde si l’équipe est présente et se sent en sécurité, sans que cela efface immédiatement la peur. Il compare ce qu’il traverse à une machine à laver, puis décrit un soulagement.
Après cela, une réflexion l’occupe : pourquoi se raccrocher autant au mental, et que peut-il empêcher de voir ? Il pense à l’allégorie de la caverne, à ces chaînes que l’on peut préférer garder. Puis cette réflexion elle-même s’apaise, et une autre phase commence.
Dans cette retraite ayahuasca, après la deuxième cérémonie, Jean-François retrouve le plaisir d’être avec le groupe après une phase intense. Il dit avoir fait son travail intérieur, puis pouvoir simplement ressentir la présence des autres. Il ne s’occupe plus seulement de lui-même. Ce moment lui paraît très agréable.
Après la troisième cérémonie, Jean-François remercie les autres pour la légèreté qu’il a ressentie. Dans ce dernier cercle de paroles, il parle de la communion vécue pendant cette dernière soirée, et de l’accompagnement qui lui a permis de traverser ses expériences. Le groupe, qui demandait d’abord un effort, a pu devenir un endroit où il se sent bien.
Pour Jean-François, ce séjour laisse ainsi une réponse vécue à sa question de départ. Être bien seul et se sentir bien avec les autres ont pu trouver une place dans la même histoire.